12 clés pour préserver son capital bonté - Inès Lecomte


« Vous êtes trop gentille ! Vous êtes bien aimable ! » Me lance cette dame que je viens d’aider à traverser la rue.

 

Alors que la gentillesse est le contraire de la méchanceté, mon acte est pourtant perçu comme étant excessif. Pourquoi les gens « trop gentils » sont associés à des gens naïfs, corvéables et bêtes ? Alors que, rien ne les arrête même quand ils se font avoir. En toutes circonstances, tels des héros, ils tendent la main à qui en a besoin.

 

L’excès de gentillesse, défaillance intellectuelle ou un capital bonté à préserver ?

La gentillesse est une forme d’intelligence du cœur permettant de se soucier et de prendre soin d’autrui qui, en cas de difficulté, n’a que pour seul recours la solution humaine du don gratuit.

La gentillesse est une forme de compassion. Sans excès de gentillesse, il serait difficile de passer à l’action de générosité. Nous ressentirions seulement une émotion d’amour empathique pour une personne qui est dans le besoin. Nous pourrions juste nous attendrir de compassion devant sa souffrance. Etre « trop gentil » n’est pas une défaillance intellectuelle mais un supplément d’âme.

 

Estime de soi des gens trop gentils

Difficile de rester spectateurs du malheur, ils préfèrent devenir acteurs. Sinon, ils risquent de se sentir vulnérables et coupables de ne pas pouvoir aider quelqu’un qui a besoin d’aide.

Ils sont heureux quand l’autre est heureux parce qu’ils aiment le voir comme ça. Ils ne veulent décevoir personne de leur entourage et sont prêts à sacrifier temps, argent, vêtement, nourriture pour venir en aide. Ils n’hésitent ni à être volontaires pour les basses besognes, ni à rendre service spontanément. Ils expriment rarement leurs désaccords car ils préfèrent être offensés qu’offenser. En fait, ils n’ont pas un égo surdimensionné. Ils se soucient peu d’eux-mêmes. Bref, on pourrait leur donner le bon dieu sans confession.

 

La gentillesse est une force inépuisable

Or, alors que les gens trop gentils sont considérés comme des gens naïfs, corvéables et bêtes il leur arrive de tomber sur des gens qui abusent. Car, certains ont bien compris que la bonté est une source inépuisable. En réalité, les gens trop gentils ne savent pas poser de limites, ni faire le distinguo entre ceux qui s’intéressent à eux pour qui ils sont et ceux qui s’intéressent à eux pour ce qu’ils sont capables de faire.

 

12 clés à privilégier pour préserver son capital bonté

1- Changez votre manière de faire en cessant de vous attendrir par l’apitoiement.

2- Faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez. Vous ne confondrez plus urgence, aide, service et sacrifice. Vous éviterez de tomber systématiquement dans l’attitude du bon samaritain.

3- Ne donnez pas vos perles aux pourceaux. Développez et écoutez votre intuition féminine, votre flair si vous êtes un homme trop gentil.

4- Acceptez de ne pas pouvoir aider tout le monde. Tendre la main doit rester un acte d’humilité, un choix ponctuel, pratique, soft, immédiat et bienveillant.

5- Evitez de faire tourner le monde tout seul. S’investir dans une association humanitaire permet de canaliser et de cadrer son sens de la solidarité, du partage, et de la morale.

6- Laissez la place aux autres en mettant en valeur l’importance des propositions, suggestions, idées, et solutions des autres.

7- Accordez-vous le droit de vous appuyer sur les autres en déléguant. Se laisser aider fait avancer.

8- Ne vous laissez pas déborder. Avant de vous lancer dans un autre service à rendre, assurez-vous de pouvoir tenir vos autres engagements.

9- N’ayez pas peur de dire non. Cela vous aidera à vous affirmer, à vous faire respecter et à mettre vos limites.

10- N’ayez pas peur de déplaire. Ceux qui vous aiment vous apprécient pour qui vous êtes et non pas pour vos services rendus.

11- Soyez humble. La bonté est un don à honorer pas une servitude. Même les héros se reposent.

12- Prenez soin de votre capital bonté. Ne croyez pas être nombriliste en planifiant un rendez-vous pour vous dans l’agenda durant lequel le portable et l’ordinateur sont éteints.

 

Inès Lecomte


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